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Prix découverte Rfi 2017 : M’Bouillé Koité, une musique d’unité africaine


Dans sa tournée africaine, le lauréat du Prix découverte Rfi 2017, M’Bouillé Koité, était sur scène à l’Institut français du Bénin à Cotonou, vendredi 4 mai 2018. Il y a déroulé un répertoire auquel tous les Africains pouvaient s’identifier, avec un message d’unité africaine.

M'Bouillé Koité à l'Institut français du Bénin
A 21h06 min, sous la paillote de l’Institut français du Bénin à Cotonou, le soir du vendredi 4 mai 2018, M’Bouillé Koité avec sa guitare sonne du high-life, et chante un morceau pour l’unité de tous les peuples africains. Quelques cycles après, il arrive avec la complicité de ses quatre musiciens, à faire la transmission douce vers un rythme de son pays. Il reprend le jeu dans trois morceaux sur la dizaine jouée lors du spectacle. Et quand il le joue, ce n'est pas du tout voilé. D’entrée, le batteur et le percussionniste font ressentir à tous une remarquable présence du high-life, pour après virer vers d’autres tableaux rythmiques. Au fur et à mesure que le voyage musical qui aura duré 80 minutes se poursuivait, on comprenait mieux la logique de cette option à l’entame. Le high-life n’est qu’un appât pour sonner le rassemblement des spectateurs, quelle que soit l’origine, pour la découverte de la musique du jeune griot Malien. On sent ici M’Bouillé Koité dans une logique défendue par le maestro béninois, Méchac Adjaho, qui exécute ce rythme en invitant à l’intégration africaine, parce que bon nombre de pays africains se retrouvent dans cette sonorité. Le courant, c’est de partir chaque fois de ce qui unit le plus, pour créer le dialogue des cultures et renforcer les liens, en dépit des spécificités de chaque pays. «Le High-life, c’est l’Afrique», défend M’Bouillé Koité avec sa guitare acoustique. Au-delà du high-life, il fait le même exercice avec d’autres rythmes dont la rumba, le mbala, la salsa, avant de montrer sa touche musicale sur fond de musique mandingue, celle dont il s’est bien nourri avec une mère chanteuse et un père guitariste, d’une une famille de griots.
A Cotonou, ce lauréat du prix découverte Rfi s’est révélé comme un artiste qui fait le pont entre plusieurs sonorités africaines. «J’essaie de toucher un peu partout. Ma force c’est chez nous, c’est la tradition. Je fais du folklore, c’est ma source d’inspiration. L’Afrique est vachement riche ; alors il faut en profiter. Bien sûr, je voyage beaucoup dans ma musique. », confie-t-il à la fin du concert pour justifier ses choix.
C’est la même logique qui l’oriente dans les messages. Conscient de ce que le français est la langue que son public partage le mieux, il introduit le concert par une phrase chantée en français, et qui résume le fond de sa pensée, avant de continuer dans sa langue maternelle. Visiblement, ce message d’unité est pour lui le plus important. «Partout où je passe, je livre ce message. Il est universel. L’union africaine, c’est mon rêve le plus absolu », affirme-t-il. Pour cela, dans le morceau «Tunga», il invite d’une part les dirigeants africains à créer les conditions d’emploi aux jeunes, et d’autre part, ces derniers à rester chez eux pour travailler au développement de leur pays. Sur ce morceau, M’Bouille incite le public à chanter avec lui le refrain «Tungaraké». Et ce dernier en sort heureux… pari réussit pour l’artiste !
«Je suis très ‘’bluffé’’ par Cotonou, on a été très bien accueillis. C’est vraiment extraordinaire», avoue-t-il.


Blaise Ahouansè

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