Raïssa Gbédji : « Je voudrais partager mes couleurs par rapport à la musique béninoise, en attendant l’album »
Femme des médias mais aussi de la scène
musicale, Raïssa Gbédji annonce son retour dans le showbiz, avec un maxi single
qu’elle présente vendredi 11 mai prochain, à partir de 19h, au Bénin royal
hôtel de Cotonou. Ce sera un concert pour donner au public, un aperçu de ses
couleurs musicales sur fond de jazz, et à connotation béninoise, en attendant
l’album. C’est du moins ce qui ressort des propos qu’elle a tenus dans l’interview
qu’elle nous a accordée dans la matinée du mardi 8 mai 2018, le temps d’une
petite pose lors de sa répétition au centre culturel Africa sound city à
Kindonou. Interview.
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| Raïssa Gbédji |
Raïssa Gbédji.
Lorsqu’on évoque votre nom, cela renvoie à la femme des médias mais aussi à
celle là, passionnée de la scène notamment de la musique. Quel est le contrat
entre vous et ces deux métiers, qui à la fois, quand même demandent beaucoup de
disponibilité ?
Le contrat c’est le micro. C’est toujours le
micro. J’ai commencé par chanter au micro, ensuite je suis passée à la radio et
maintenant je reviens un peu plus au chant.
Parlant de chant,
il y a longtemps que nous n’avons plus de vos nouvelles, surtout après le
concert de l’Ifb. Que s’est-il passé entre temps ?
Ah oui. Vous me ramenez au concert de l’Ifb,
mais avant il y a eu par exemple cette belle soirée de 2011, hommage à la
presse. Mais alors, depuis ce temps effectivement, j’ai eu d’autres opportunités
à l’international. Je suis partie pendant quatre ans environ. Actuellement, je
pense que j’ai un peu plus d’espace dans ma vie pour m’adonner davantage à
cette passion qui ne m’a pas quittée, malgré tout. J’ai beau la faire taire
durant ces longues années où j’étais dans les médias et aussi dans ma carrière
à l’international, mais elle est têtue, elle reste là, la musique.
J’estime que pour mon propre équilibre et pour rendre justice à cette passion,
il faut que je lui accorde un peu plus d’attention et que j’essaye d’aller de
l’avant. C’est vrai que maintenant, je la fais d’une autre façon puisque j’ai
toujours évolué en orchestre, mais aujourd’hui c’est plutôt une carrière solo
que j’embrasse. Ce n’est pas facile, c’est comme si je fais mes tous premiers
pas encore maintenant.
Vous avez annoncé
ce retour avec un maxi single qui sera présenté vendredi prochain. Il est
intitulé N’dja, qui veut dire j’arrive en français. L’œuvre est déjà prête,
donc vous y êtes. Alors pourquoi dire encore «j’arrive» ?
En fait, pour le moment, c’est la fumée que
vous voyez, le feu arrive derrière. Le maxi, c’est la fumée qui annonce qu’il y
a un feu derrière…
C’est quoi ce
feu ?
Le maxi annonce l’album. C’est un extrait de
quelques titres de l’album en préparation. Beaucoup d’amis m’ont dit, ‘’on
connait tes expériences dans la musique, pourquoi fais-tu d’abord un maxi
single, pourquoi ne pas aller directement vers l’album ?’’ . Je dis,
le chemin a été très long. Et donc, pour demander un peu plus de tolérance pour
que les fans, toutes les personnes qui ne cessent de me relancer puissent
prendre leur mal en patience, je leur propose les extraits de l’album. C’est
aussi une façon de leur dire que je n’ai pas lâché l’affaire. J’ai promis
depuis plusieurs années, j’y travaille toujours malgré tout. J’avance et je
voudrais partager avec eux, avec le public, les couleurs de mes projets par
rapport à la musique béninoise et par rapport à cette fusion que je propose,
pour faire passer la musique plus facilement à ceux qui n’ont pas les mêmes
clefs de lecture que nous qui sommes béninois, qui savons comment apprécier
notre musique traditionnelle. Je voudrais avoir aussi la bénédiction du public,
et commencer à les habituer à ces différents styles qui sont proposés, en
attendant que l’album lui-même n’arrive sur le marché.
En termes de couleurs, en lisant le visuel
on comprend que vous êtes dans le jazz. Pourquoi ce choix ?
… Parce que j’ai beaucoup fait de jazz. En
écoutant maintenant notre musique traditionnelle, je réalise que la plupart des
rythmes sont à connotation jazzique, et je ne suis pas dépaysée. De toutes les
façons, le jazz est parti aussi de nos ancêtres. Ils sont partis avec leur
culture. Ils n’avaient pas forcément sur eux des instruments qui étaient
utilisés à l’époque, mais ils sont partis avec le rythme, les
respirations, la façon de faire, de chanter, de passer le message. Tout cela
constitue aujourd’hui notre identité. Elle est déjà exportée à travers le
jazz. Alors, pourquoi on mettrait le jazz de côté si c’est aussi une part de
notre héritage ? Je trouve tout à faire normal qu’il soit restitué à tout
le monde, que le jazz cesse d’être une musique élitiste, que ça soit simplement
la musique béninoise. La musique béninoise c’est du jazz. Absolument.
Dans votre
restitution, pourra-t-on alors identifier facilement la béninoise que vous êtes ?
Absolument. Déjà à travers le langage. Je
suis béninoise, je revendique ma langue, mon identité. Le défi aujourd’hui,
c’est de pouvoir chanter en langue. Je ne comprends pas beaucoup de langues nationales
mais je ferai l’effort de m’associer à de grands artistes ici, qui maitrisent
bien la chose pour qu’ensemble nous puissions faire des choses plus grandes
encore.
Comment se
passera la soirée de présentation de ce maxi single N’dja, après demain ?
Ce sera plutôt un concert live, parce qu’il y
a longtemps que je n’ai pas fait de prestation musicale sur la scène béninoise.
Je crois que c’est une bonne façon de renouer avec la scène, de renouer avec le
public. Et faire du live, c’est toujours plus intéressant que de faire du play-back
ou de venir jouer le Cd. Non. Je veux vraiment qu’ils vivent en direct cette
musique. Et j’ai la chance pour ce live, d’être accompagnée également par les
musiciens qui sont intervenus en studio pour réaliser ce maxi single.
Y a-t-il des
conditions particulières pour participer à la soirée ?
Nous avons fait des invitations pour 500 personnes,
mais ce n’est pas restrictif. Toutes les personnes qui ont envie de venir écouter,
soutenir, sont les bienvenues. Le carton d’invitation aide à filtrer les entrées,
c’est simplement ça. Après, dès que nous serons totalement prêts à lancer
l’album, nous ferons vraiment un concert grand public pour tout le monde.
Réalisée par
Blaise Ahouansè

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