Diffusion du spectacle Goho dans les collèges: Les élèves instruits sur la résistance du roi Béhanzin
Le projet « Aux sources du
destin » porté par Humbert Olatoundji Boko avec le soutien financier du
Fonds des arts et de la culture a amorcé depuis lundi 10 décembre 2018, sa
phase de diffusion du spectacle GOHO dans les établissements secondaires du
Bénin.
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Un
instant de «Goho» au Cs La Synthèse de Godomey
La tournée artistique a commencé par le
Complexe scolaire La Synthèse de Godomey. Il s’agit de la représentation à chaque
étape, de «Goho» mise en scène par Humbert Olatoundji Boko. Le démarrage de la tournée, un 10 décembre n’est
pas anodin. C’est la date anniversaire de décès du Roi Béhanzin -10 décembre
1906 à Alger-. « Goho », C’est l’histoire sur la résistance de ce
célèbre roi du Danxomè. La séquence
choisie, c’est la période où le roi, depuis son lieu de retrait dans la brousse
avec quelques guerriers, dirigeait le combat contre les Français. Béhanzin,
refuse d’accepter le destin d’un people soumis mais au vu de la perte de ses
braves homes et femmes, accepte de se sacrifier pour que son people ait la
paix. «Je donnerai ma tête pour sauver Danxomè» dit-il. Il décide
d’aller rencontrer le président des Français, pas pour se soumettre, mais discuter
avec lui de la fin de la guerre et de la collaboration pour la paix des deux
peuples.
Des
valeurs dans le passé
Ce spectacle a d’abord le mérite de
ramener dans les écoles, l’histoire de ce héros qui ne s’enseigne plus dans les
écoles au Bénin. «J’ai eu la chance de connaître cette histoire à l’école mais
actuellement dans les collèges et lycées, l’histoire de notre pays n’est plus
racontée. Cet état de chose conduit à l’acculturation. Aux sources du destin va
faire la lumière sur les héros de l’histoire du Bénin.» confie le
metteur en scène. Il s’agit d’instruire le peuple béninois sur son histoire. Il
est aussi et surtout question de restituer ce pan de l’histoire de la résistance
du roi Béhanzin. «C’est un résistant. Il y a une autre histoire que nous entendons un
peu partout et qui raconte que le roi Béhanzin a été attrapé. Non. Le roi
Béhanzin n’a pas été capturé par les Français. Il a dit, ‘’je vais discuter en
tête-à-tête avec le président des Français ; nous discuterons de la fin de
la guerre et du bien-être de nos peuples’’. Ce n’était pas une faiblesse. C’est
dire que malgré son intention d’aller au fond, il pense au bien-être de son
peuple.» défend Humbert Boko.
Ensuite la diffusion d’une telle pièce
permet de partager les vertus liées au courage, à la sagesse et au patriotisme
que véhicule cette histoire du Roi Béhanzin, et ce, dans un contexte où ces
qualités sont en souffrance notamment au profit de l’individualisme, des
intérêts personnels et de la politique politicienne.
L’éducation
artistique
C’est enfin une initiative d’éducation aux
arts et à la culture. « En amenant cette pièce dans les écoles,
nous avons voulu habituer les élèves à suivre un spectacle de théâtre. S’asseoir
et regarder un spectacle, c’est de l’art, c’est de la discipline qu’il faut
avoir » indique le porteur du projet. Pour le représentant du Directeur
du Fonds des arts et de la culture (Fac), Ernest Oussou, c’est un projet qui
cadre bien avec celui des classes culturelles que le ministère du tourisme, de
la culture et des sports a initié. Dans son discours de lancement de la tournée,
il a invité les élèves à suivre attentivement le spectacle car dira-t-il, le
plus important, c’est ce que ces élèves vont tirer comme leçon.
Leur
compréhension
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Colombe Chèkpo –élève- raconte ce qu’elle
a retenu
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Au complexe scolaire la Synthèse de
Godomey, les élèves y ont vraiment prêté attention. « J’ai retenu que le roi
Béhanzin a résisté pour que son royaume ne tombe pas dans les mains des
Français. Dans la vie, il ne faut jamais baisser les bras » nous
confie Silvère Alapini, élève en classe de 2nd. Sa camarade de classe, Colombe
Chèkpo, aussi raconte ce qu’elle a retenu en ces termes : « Le
roi Béhanzin a décidé de se sacrifier pour son peuple parce qu’il y a eu de
trop mort, et il a pitié. Migan ne voulait pas, mais Guèdègbé après avoir
consulté les ancêtres a dit que c’est mieux la décision du roi. Je
connaissais un peu cette histoire, mais quand j’ai vu ça sur scène, ça m’a plus
intéressé » résume-t-elle. Quant à la leçon, elle confie, « Le
roi Béhanzin a écouté son instinct. Dans la vie, il faut suivre son instinct.»
Dans la suite de la tournée, Humbert Boko
et son équipe se rendront également au Ceg Le Méridien, Ceg Plateau, Ceg1
Ouidah et Ceg Savi-Gakpé jusqu’au vendredi prochain pour le compte du l’Atlantique.
L’étape du littoral commence lundi 17 décembre prochain.


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