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Le musicien et accordeur de piano Jean-François Schmit au Bénin : «Je suis venu pour accorder des pianos acoustiques»


Jean-François Schmit est accordeur de piano       acoustique et musicien professionnel d’origine française. Il est en Afrique, notamment dans l’espace Cedeao, depuis sept ans. Voici  deux semaines déjà qu’il séjourne au Bénin. Rencontré dans la matinée du Samedi 04 octobre 2014 dans les locaux de Coco-théâtre à Abomey-Calavi où il est, il nous explique son rôle dans la chaîne musicale, et informe  qu’il est au Bénin pour un long séjour afin d’offrir son service, au besoin. Interview.

Vous êtes musicien, quel est l’objet de votre séjour au Bénin ?

Je suis venu pour travailler, pour accorder des pianos. Aussi, pour connaître Cotonou. Je suis accordeur de piano acoustique.

C’est quoi un piano acoustique ?

Comme une guitare acoustique, un piano acoustique, ça veut dire qu’il n’a besoin de rien de tout pour faire de la musique, pour fonctionner, c’est-à-dire sans électricité, contrairement au piano électrique.

Il fonctionne alors comment ?

C’est  des cordes qui sont frappées par l’intermédiaire de touches et de marteaux, qui résonnent. Son histoire remonte aux années 1840. A l’époque, on jouait avec des clavecins, des pianos qui n’ont pas de vélocité. Les fabricants ont eu besoin d’améliorer le clavecin. 

Mais aujourd’hui, ce piano apparemment  ne court pas les rues.

Oui, c’est toujours la modernité. L’électrique a pris le marché sur l’acoustique. L’autre chose, c’est le coût. Un piano dit d'occasion, c’est de 500 000 F Cfa à quelques millions. Mais un neuf pour de véritable œuvre d'art musicale, c’est jusqu’à cent millions. Un neuf petit piano d'étude, ça vaut 2 millions chez les Japonais ou Chinois.



Est-ce à dire que le piano acoustique a perdu sa place ?

Non. Disons, les pianos haute gamme sont toujours là. Il a toujours sa place dans les salles de concert où on joue la musique classique, du jazz et de l’acoustique. 

Comment êtes-vous arrivé au métier d’accordeur de piano ?

Déjà, quand à l’âge de 18 ans, j’avais des copains accordeurs de piano. J’ai fait l’artisanat. Je suis également musicien, et je me suis spécialisé dans l’accordage de piano. Et ça me passionne en plus.

En quoi consiste concrètement votre métier ?

Dans un piano il y a 220 cordes. Quand le pianiste joue le piano, il désaccorde ces cordes. Il y a une manière de faire pour régler comme le guitariste qui accorde sa guitare. C’est un métier qui nécessite des compétences en musique. D’abord, il faut avoir une oreille musicale.

En Afrique depuis 7 ans où cet instrument est rare, arrivez-vous à vivre de ce métier ?

Ce n’est pas facile en Afrique où il n’y en a pas beaucoup. Il y a des pianos qui arrivent avec des expatriés qui travaillent dans les Ong, dans les ambassades,... Il y a aussi quelques riches Africains. Il y a également des passionnés qui ne sont pas forcément des riches mais qui en possèdent. Etre accordeur de piano en Afrique, il faut avoir d’autres activités à côté.


Propos recueillis par Blaise Ahouansè



Pourquoi faire intervenir forcément un accordeur ?

«Le piano occupe une place primordiale dans l'histoire de la musique. Ce sont les pianistes qui, grâce à cet instrument, ont dans une large mesure apporté un renouveau au langage de l’harmonie que nous utilisons aujourd’hui. Un piano contient plusieurs milliers de pièces qui utilisent des matériaux aussi divers que le bois, l'acier, le cuir, le feutre, le cuivre, le laiton, etc. Quand on appuie sur une touche (du clavier) un marteau vient taper sur une corde et en fait sortir un son.
Sur un piano, ce sont environ 220 cordes qui exercent une tension de plusieurs tonnes sur un cadre et une pression de 250 kg sur la table ; autant dire que la qualité des matériaux employés et la fabrication doivent être irréprochables.
Le piano s’adapte mal à des variations climatiques brutales, que ce soit à l’intérieur de l’habitation ou provenant de l’extérieur… l’air circule ! Vous ne déplacerez pas un piano aussi bien qu’une guitare pour le mettre à l’abri d’une source de chaleur ou de froid. Le piano est sensible aux variations hygrométriques. Il est également sensible à la sécheresse comme à l’humidité. Le pire est le passage rapide d’un état à l’autre. Un air trop sec accélère un desserrage des mécanismes et augmente les risques de fendillement du bois et donc de la table d’harmonie, tandis qu’un air trop humide provoque une accélération de l’oxydation des parties métalliques. Quand les cordes sont oxydées, elles ne sonnent plus correctement, deviennent sourdes et se fragilisent (risque de rupture). Les chevilles se grippent et rendent l’accordage plus difficile. Les feutres augmentent d’épaisseur, perdent de leur rendement sonore et les touchent commencent à se coincer.
C'est tout ceci qui explique la nécessité de faire intervenir un technicien compétent lors de l'entretien ou de la réparation de votre piano. Si le technicien de piano fabrique, répare ou entretient, l'accordeur de piano, lui, veille à leur qualité sonore. Il est souvent travailleur indépendant et il intervient au domicile des particuliers ou dans les magasins. Il contrôle la position des marteaux, le jeu des mortaises, la tension des cordes, l'enfoncement des touches… avant tout le toucher, le son doit convenir à l'artiste ou au client.»

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