Patrimoine culturel béninois : Universitaires et artistes réfléchissent sur la déportation d’objets d’art
![]() |
| Prof Romuald Tchibozo (milieu) et Stephan Köhler (drte) |
Le siège du Conseil international des radio-télévisions
d’expression française (Cirtef) à Cotonou a abrité mercredi 08 octobre dernier,
un mini colloque sur le thème «Les pratiques esthétiques au Bénin, mutations
sans référence ?» Première étape d’un processus de réflexion sur la
déportation des objets de déportation des objets d’art du Bénin.
«Il y a beaucoup d’œuvres
d’art du Bénin qui sont dans des collections européennes. Est-ce un fait
consommé au point ?» Une interrogation de Stephan Köhler, Président de
l’association culturelle Kulturforum Sud-Nord qui avec le professeur à
l’université d’Abomey-Calavi Romuald Tchibozo, a réuni mercredi dernier, de
jeunes chercheurs, historiens d’art et artistes autour de la question. C’était
au siège à Cotonou du Conseil international des radio-télévisions d’expression
française (Cirtef) dans un mini colloque sur le thème «Les pratiques esthétiques
au Bénin, mutations sans référence ?». Et avec comme question de
discussion : «La scène de l’art contemporain au Bénin aurait-elle eu un
développement autre si l’héritage artistique du pays n’avait pas été dispersé à
travers le monde ?».
Aux dires des initiateurs, c’est une rencontre organisée en
marge d’une conférence pareille mais plus large qui s’est déroulée les 6 et 7
octobre 2014 à Porto-Novo mais qui ne permet pas de discuter concrètement du
cas Bénin. C’est l’une des particularités de la rencontre de Cotonou. Elle
permet, fait savoir le professeur
Romuald Tchibozo, de poser les fondements sur la question d’absence
d’objets et ses influences. Il s’agit de part cette initiative, de voir comment
le Bénin traite la question mais surtout, d’activer les pensées à propos de ces
œuvres du Bénin qui se retrouvent à l’extérieur, explique Stephan Köhler qui,
confie-t-il, se demande toujours pourquoi un Béninois qui veut savoir quelque
chose sur le patrimoine culturel de son pays doit acheter un billet, se faire
un visa et voyager sur la France d’abord, et pourquoi on n’y réfléchit pas. Le
processus de réflexion qu’il vient de susciter
avec le professeur Tchibozo, portera sur différentes facettes de la
déportation des œuvres dont la question d’infrastructures pouvant permettre la
conservation en bon état et en sécurité de
ces œuvres au Bénin. Car, affirme-t-il, «c’est l’une des raisons pour lesquelles
on ne pense même pas à les restituer». Mais précise, le professeur Tchibozo, «ce
mini colloque est une première étape qui permet de discuter de manière générale
et globale du sujet». «En décembre, nous aurons un autre symposium que
nous allons consacrer à la question de façon très pointue.», annonce-t-il.
Blaise Ahouansè
Blaise Ahouansè

Commentaires
Enregistrer un commentaire