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Après Fespaco 2015 : Les recommandations des professionnels du cinéma béninois


De retour de Ouagadougou, les professionnels du cinéma béninois réunis au sein du Collectif des festivaliers béninois au Fespaco 2015 (Cfbf 2015) ont donné une conférence de presse vendredi dernier à Cotonou pour non seulement faire le point de leur participation à ce festival mais surtout faire part de leur recommandation pour corriger des dysfonctionnements qui au-delà du Fespaco, ne permettent pas au cinéma béninois de connaître de meilleurs jours. 
 
          Quelques membres du Cfbf face
     à la presse vendredi dernier à l’Isma
Tirant leçon de leur participation à la 24ème édition du Festival panafricain de cinéma de Ouagadougou (Fespaco) du 28 février au 7 mars 2015, le Collectif des festivaliers béninois au Fespaco 2015 (Cfbf 2015) mène déjà des réflexions pour relever le cinéma béninois. A propos, le Collectif a livré ses recommandations vendredi dernier à la faveur d’une conférence de presse à l’Isma. Dans une déclaration liminaire lue par Francis Zossou, les professionnels du 7ème art réunis au sein de ce collectif recommandent en point 1, l’adoption du code de la cinématographie pour sécuriser le secteur. Ceci a en effet joué en leur défaveur dans les opportunités que le Bénin en général pouvait gagner au Fespaco. Car, informe le Collectif, «parce que notre pays n’est pas doté d’un code de la cinématographie, nos partenaires potentiels au Fespaco 2015, se sont montrés particulièrement méfiants pour se mettre en relation d’affaires avec nous».

Impréparation et manque de volonté politique

En point 2, le Cfbf souhaiterait que la participation du Bénin au Fespaco et aux rencontres internationales ne soufre plus de l’impréparation et que les ressources nécessaires à cette fin soient prévues dans le budget de l’Etat. Les festivaliers béninois au Fespaco 2015  en ont  fait les frais de cette impréparation et parlent même de « conditions de participation particulièrement difficiles. «Pour une biennale dont on connaît la périodicité, notre gouvernement n’a pu mobiliser à temps les ressources nécessaires pour notre participation. C’est sans frais de mission, ou si vous voulez, à crédit que les membres de la délégation ont effectué le voyage sur Ouagadougou » se désole le Cfbf 2015 dans sa déclaration. Toujours à propos de la préparation, Francis Zossou, tout en avouant la détermination du Directeur de la cinématographie, affirme avoir rencontré l’indifférence et le mépris de responsables étatiques en charge du secteur culturel au Bénin plus préoccupés par les rendez-vous politiques que par le Fespaco. Au point où le cinéaste se demande s’il y a réellement au Bénin, un département ministériel en charge des arts et de la culture.
De manière générale, le Collectif recommande « d’investir conséquemment dans la production cinématographique afin que le Bénin puisse rayonner dans le monde à travers son cinéma. Il conseille aussi que les thématiques culture-art-industrie cinématographique apparaissent clairement dans les programmes de société des futures dirigeants du Bénin et qu’elles fassent partie des choix de développement possibles pour le Bénin.

Quelques succès quand- même

Il est vrai qu’aucune des six productions béninoises qui ont été en compétition au Fespaco 2015 n’a pu décrocher un trophée ou un prix spécial mais les Béninois à ce festival ont pu quand -même enregistrer quelques autres succès, informe le Cfbf 2015. On note d’après le Collectif, le concours de pitch organisé par l’Organisation internationale de la francophonie (Oif) remporté par Christian Noukpo, la diffusion acquise de la série « Courses pour la vie » sur le bouquet See Africa ainsi que des propositions de contrats de diffusion sur des chaînes internationales, les promesses de collaboration de coproduction entre réalisateurs, producteurs béninois et étrangers, la contribution des professionnels béninois au colloque international Fespaco, la participation des Béninois à des jury Fespaco, etc.

Blaise Ahouansè

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