Jeune comédien sorti récemment de l’Eitb : Elie Dossou N’Donousse apôtre d’une nouvelle classe théâtrale (Un spectacle déjà le 6 avril prochain au Hall des arts)
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| Elie Dossou N’Donousse. |
Elie
Dossou N’Donousse. Il est l’un des hommes -au complet- du quatrième art sortis
en février dernier de l’Ecole internationale de théâtre du Bénin (Eitb),
promotion ‘’Aimé Césaire’’, la 3ème. Outre la Licence en art et
technique d’art dramatique, il y est sorti déjà avec des projets. Dans cette
interview, le jeune professionnel des planches avec une casquette particulière
« artiste comédien gospel », nous parle de sa préférence théâtrale et
d’un de ses projets dans le cadre duquel il a créé un spectacle de type nouveau
intitulé ‘’Mon Embauche’’ qui sera représenté le lundi 6 avril prochain au
théâtre de verdure du Hall des arts de Cotonou à partir de 19 heures. Interview.
Vous faites partie de la promotion Aimé
Césaire à l’Eitb. Si vous deviez dire en quelques mots le contenu des trois ans
de formation.
Il
a été question d’une formation en théorie et en pratique de théâtre pendant six
semestres selon le système Lmd. Nous sommes allés dans un régime d’internat
aussi. L’ambiance a été bien. La formation a été très rigoureuse, très dure
mais ça nous a permis de découvrir de long en large tout ce qui concerne le jeu
théâtrale. En dehors de ça, on a même touché à tout ce qui est production, on a
touché pratiquement tout ce qui est métier de théâtre -les dix métiers de
théâtre- de sorte que aujourd’hui si on nous saisi dans n’importe quel domaine
du théâtre on est en mesure de parler.
Alors, jeune fraichement sorti d’école bien
aguerri pour le théâtre, comment gérez-vous l’insertion sur le marché
professionnel ?
Le
diplôme qu’on a obtenu à l’Eitb, c’est une licence reconnue par le Cames donc
on peut postuler si entre temps il y avait concours. Lorsqu’’il y a des
distributions et autres, on peut également aller, si on nous retenait, on peut
jouer. Mais en dehors de tout ça, l’Eitb nous a formés surtout pour qu’on soit
porteur de projets. Parce que la vision de l’Eitb, c’est que l’homme de théâtre
d’aujourd’hui doit être quelqu'un qui est en mesure de créer ses propres
projets et de les gérer s’il ne trouve pas de sollicitation. Donc nous, la
promotion Aimé Césaire, avec ce qu’on a vécu auprès de notre directeur Alougbine
Dine, nous n’avons pas besoins d’attendre l’argent avant de démarrer parce que la
vision, c’est que ce n’est pas l’argent qui travaille mais d’abord nos idées, c’est
notre volonté qui travaille, et l’argent n’est qu’un moyen.
Que faites-vous déjà sur le chantier de la
mise en application de cette vision qui vous a été inculquée à l’école?
Mon
projet, c’est de créer un spectacle de théâtre d’inspiration chrétienne.
Une autre forme de théâtre dans le milieu
professionnel outre le théâtre amateur dans les Eglises ?
Oui.
En faite, moi je crois qu’il y a plusieurs manières de servir Dieu. On n’a pas
besoin d’être pasteur, prête ou autres d’abord. Le théâtre c’est une manière de
servir Dieu aussi. Il y a plusieurs artistes de gospel, c’est une manière de
servir Dieu. Moi j’aime servir Dieu vraiment mais je ne veux pas être prête ou
pasteur. Je me suis dit comme je sais faire du théâtre, pourquoi ne pas
l’exploiter au service de Dieu.
Dans ce style, les spectacles sont
exclusivement à l’intention des chrétiens alors ?
Non ?
Pas du tout. Les spectacles que nous créons, ce n’est pas pour faire l’éloge de
Dieu ou d’une église. Nous traitons des thèmes de société même si nous prenons
un angle chrétien. Ce n’est pas une barrière. C’est ouvert à tout le monde. Le
traitement est universel. Notre groupe, c’est un groupe de professionnels de
théâtre, «Théâtre les libérés».
Et vous en avez déjà créé, un
spectacle ?
Ah
oui ! Il y a un spectacle qui est même programmé pour le 6 avril prochain à
19 heures au Hall des arts. Et le spectacle en question, c’est sur le thème « Jeunesse
chrétienne et emploi ». On s’est dit, on parle tout le temps de l’emploi
et du chômage de façon générale. Mais les jeunes chrétiens, quelle arme eux ils
ont. Est-ce que parce qu’ils sont chrétiens, ils ne doivent pas rencontrer le
chômage ? Et s’ils rencontrent le chômage, ils vont se croiser les bras et
Dieu va faire descendre le travail ? Nous, on n’est pas pasteur, prête,
etc., mais en tant que comédien et chrétien on peut s’exprimer dans notre
langage artistique. Le spectacle est intitulé « Mon embauche » et
porté par Théâtre les libérés.
Quelle est la trame de ce spectacle ?
C’est
l’histoire de quelqu’un qui a reçu une formation en génie civil mais avec les
réalités du monde de l’embauche, a dû être embauché comme secrétaire. Il se
fait qu’un beau matin on l’a licencié. Sa femme qui contrôlait son salaire et
même au nom de qui la maison a été construite, a divorcé, a mis le monsieur
dehors et lui a même dit que le seul enfant qu’ils ont n’est pas pour le
monsieur. Puisqu’il est chrétien, croyant, il a refusé de subir le sort du chômage,
il a prié, il est allé faire aide-maçon, un grand cadre en génie civil. Mais
c’est là que les gens ont découvert son talent et son amour pour le travail, et
il a été recruté comme ingénieur de l’entreprise où il est allé faire
aide-maçon et plus tard il est devenu directeur de l’entreprise. Voilà
brièvement ce spectacle que « Théâtre les libérés » vous présente le
lundi de pâques.
Le nom « Théâtre les libérés »
pour dire quoi ?
L’Association
c’est Les Libérés. Et Théâtres les libérés est une section de l’association. Libérés
de toutes les chaines, de tout ce qui est emprise, paresse, le non
professionnalisme aussi. Les chaines, ce n’est pas seulement la sorcellerie. Lorsque
vous avez envie de faire quelque chose et que vous ne pouvez pas y arriver
parce que vous n’avez pas les compétences, c’est une chaine. Mais nous, on a
été à l’école, on a été formé, on veut faire quelque chose, les gens qui ont
été formés pour ça ont été mobilisés, voilà on est libéré.
Comment gérez-vous le financement de la
création ?
Notre
Directeur de l’Eitb a voulu qu’a la fin de notre formation qu’on ait un peu de
sous pour gérer les projets mais j’avoue que c’est un peu difficile. Je n’ai eu
de subvention chez personne, il n’y a pas de sponsors. Mais j’ai foi. J’avais
l’habitude d’organiser ces choses.
Rappelez le rendez-vous
Le
rendez-vous, c’est le lundi de pâques, 6 avril 2015, au théâtre de verdure du
Hall des arts de Cotonou à 19 heures. L’entrée est à 500 F et 1000 F Cfa. Mais pour
les écoliers et élèves, souvent on casse, 250 F Cfa. On est habitué depuis
l’Eitb. On a invité des artistes chanteurs gospel dont Myriam.
Propos recueillis par Blaise Ahouansè

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