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Cherqui Ameur à propos du partenariat FICAK–Université Sultan Moulay Slimane : « Nous voulons construire des ponts entre la création artistique et le monde universitaire »

Les 1er et 2 juin 2026, l’Université Sultan Moulay Slimane de Beni Mellal a accueilli, en partenariat avec le Festival international du cinéma africain de Khouribga (FICAK), un colloque international consacré aux « Écritures africaines et narrations audiovisuelles : entre scriptibilité et visualité ». Rassemblant chercheurs, enseignants et étudiants autour des enjeux des récits africains contemporains, la rencontre a notamment enregistré les communications du Burkinabè Victor Kabré, du Béninois Dimitri Sètondji Fadonougbo et des Marocains Cherqui Ennasraoui, Hicham Samadi et Abderrahmane Amhirik. L’un des artisans de cette collaboration universitaire avec le FICAK, Dr. Cherqui Ameur revient sur les objectifs de l’initiative, les enseignements tirés de cette édition et les perspectives envisagées.


Qu’est-ce qui justifie l’organisation d’une activité à l’Université Sultan Moulay Slimane dans le cadre du FICAK ?


Le colloque que nous avons organisé à Beni Mellal constitue la deuxième concrétisation du partenariat entre le Festival international du cinéma africain de Khouribga et l’Université Sultan Moulay Slimane. Nous nous sommes fixé pour objectif de construire des ponts entre la création artistique, les professionnels du cinéma, les grandes manifestations culturelles et les établissements universitaires, puis de consolider ces liens dans la durée.


Pourquoi avoir choisi de consacrer cette édition aux récits africains ?


Cette année, nous avons choisi de parler des récits africains parce que cette thématique s'inscrit pleinement dans les objectifs du festival, mais aussi parce qu’à l'Université Sultan Moulay Slimane, nous avons des modules sur les littératures africaines francophones ainsi qu’un master en littérature et cinéma. C’est donc une question qui intéresse aussi bien nos collègues chercheurs que nos étudiants.

Parler des récits africains, c’est interroger cette littérature noire, non pas dans le sens péjoratif du terme, mais dans sa dimension identitaire, dans le sens de la négritude telle qu’elle a été définie par René Maran, Léopold Sédar Senghor ou encore Ousmane Sembène. Nous avons ainsi voulu parler des littératures africaines d’Ahmadou Kourouma ou de Mariama Bâ et analyser des textes fondateurs ainsi que des films majeurs, tout en abordant également la littérature et le cinéma de la nouvelle vague.


Avez-vous le sentiment d’avoir atteint les objectifs fixés ?


Je crois que nous avons largement atteint nos objectifs. Malgré la période des examens, de nombreux étudiants ont répondu présents. Ils étaient convaincus que l’université n’est pas seulement un lieu d’enseignement et d’apprentissage, mais aussi un espace de vie, et que le cinéma et la littérature nous apprennent comment vivre, pourquoi vivre et dans quel sens vivre. Par ailleurs, ils en ont tiré profit. Peut-être que ce colloque a suscité de nouvelles pistes de recherche dans l’esprit de plusieurs d’entre eux.


Concrètement, comment se sont déroulés les travaux du colloque ?


Il y a eu six communications le premier jour, avec trois intervenants subsahariens et trois intervenants locaux. La même formule a été reconduite le deuxième jour. Chacun a choisi une thématique à traiter à partir de la grande problématique consacrée aux récits africains, à la scriptibilité et à la visualité. Ensuite, nous avons eu des échanges avec les étudiants.


Quelles sont les perspectives de ce partenariat entre l’Université Sultan Moulay Slimane et le FICAK ?


A l'université, nous allons travailler à consolider ce partenariat et cette collaboration lors des prochaines éditions. Nous prévoyons aussi de travailler tout au long de l'année. Le festival et la fondation disposent d'une belle médiathèque où l'on peut accéder facilement à des films et à des œuvres littéraires. Cela facilite le travail de nos étudiants.


Propos recueillis par Blaise Ahouansè

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