« Ma détresse » de Benedicte Kouadio : un plaidoyer contre le rejet des enfants autistes et de leurs mères
Le court métrage « Ma détresse » de la réalisatrice ivoirienne Benedicte Kouadio, présenté au FICAK 2026 aborde une problématique encore sensible dans plusieurs sociétés africaines : la stigmatisation des enfants atteints de troubles du développement et le rejet des mères qui les élèvent. En onze minutes seulement à travers l’histoire poignante de Mouna, le film délivre un message fort en faveur des droits de l’enfant et de la femme.
Projeté dans l'après-midi du 31
mai 2026 au Centre culturel Mohammed V de Khouribga, « Ma détresse »
raconte l'histoire de Mouna, une femme mariée vivant dans une famille aisée dont
la vie bascule à cause de son fils autiste. Rejetée par son entourage,
contrainte de quitter son cadre de vie et de chercher refuge dans une modeste
concession, elle va tenter de survivre grâce à de petits travaux domestiques
tout en prenant soin de son enfant. Mais le rejet ne s'arrête pas à sa famille.
Là où elle espère reconstruire sa vie, les préjugés la poursuivent. Son fils
est perçu comme un enfant maudit, et la mère porte seule le poids des
accusations et de l'exclusion. Le film met ainsi en évidence la persistance de
croyances et de stéréotypes autour du handicap, encore parfois associés à des
idées mystiques ou de malédiction.
A travers une narration sobre et
des images symboliques, la réalisatrice dénonce les souffrances psychologiques
que subissent les mères face à l’incompréhension de leur entourage face à
l'autisme ou à d'autres formes de handicap. L’œuvre s’inspire d’une histoire
réelle, celle d’une amie de la réalisatrice qui a été source de rejet familial
avec son enfant autiste. Benedicte Kouadio souligne que, dans de nombreux cas,
la responsabilité du handicap est injustement attribuée à la mère.
Le film atteint un moment fort
lorsque Mouna, submergée par la solitude et la douleur, sombre dans une
détresse profonde, traduite à l’écran par une transformation visuelle marquée.
Cette scène illustre les conséquences extrêmes de la stigmatisation sociale.
Ma détresse se veut ainsi une
œuvre engagée, appelant à la reconnaissance de la dignité des enfants
différents et à la solidarité envers les familles. Sans prétendre transformer
immédiatement les mentalités, le film invite à la réflexion sur des réalités
souvent ignorées. Pour sa première participation au FICAK, Benedicte Kouadio
signe un court métrage sensible et universel, rappelant qu’aucun enfant ne
devrait être rejeté à cause de sa différence, ni aucune mère condamnée à porter
seule le poids des préjugés.
Blaise Ahouansè

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