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Joël M'Maka Tchédré décrypte la sélection des films du FICAK : « Être sélectionné au FICAK est déjà une première victoire »

Chaque année, des centaines de films africains convoitent une place au Festival international du cinéma africain de Khouribga (FICAK). Membre du jury des courts métrages de la 26ᵉ édition du festival, le réalisateur et producteur togolais Joël M'Maka Tchédré estime qu'intégrer la sélection officielle constitue déjà une consécration pour les cinéastes africains. Dans cet entretien, il analyse les choix de la sélection officielle et la relation particulière que le festival entretient avec son public.

En tant que membre du jury des courts métrages, quel regard portez-vous sur la sélection officielle des films ?

Il faut noter que le Festival international du cinéma africain de Khouribga est l'un des plus anciens festivals, sinon le plus ancien, du Maroc. C'est un festival qui a fait le choix d'orienter sa ligne éditoriale exclusivement vers le cinéma africain. Cela signifie que, chaque année, de nombreux films venus de tout le continent y sont soumis. Quand on parle de sélection, il faut comprendre qu'il s'agit déjà d'une première étape où le travail est très important. Les films retenus peuvent déjà s'estimer gagnants, car c'est une première victoire. Lorsque votre film figure parmi les œuvres sélectionnées, c'est déjà une reconnaissance importante. Je pense que les organisateurs veillent à ce que la sélection soit variée et qu'elle représente au mieux les cinémas d'Afrique. Nous avons des courts métrages provenant des différentes grandes régions du continent. Cela nous permet de découvrir un cinéma diversifié et riche dans ses expressions.

Notez-vous une progression dans la qualité des films sélectionnés d'une année à l'autre ?

Je dirais surtout qu'il y a une identité que le festival s'efforce de préserver. Les organisateurs mettent d'abord l'accent sur le fait que les films présentés ici soient vus par le public marocain. Je constate également qu'ils cherchent à sélectionner des histoires différentes, racontées dans diverses régions d'Afrique et souvent peu connues du grand public. C'est aussi une politique de sélection, et elle est importante.

Les projections ont commencé. Quel message adressez-vous au public ?

Ce qui est appréciable et très particulier dans ce festival, c'est que toutes les projections se déroulent au même endroit, l'après-midi comme en soirée. C'est un rendez-vous où le public n'est pas dispersé. Comme lors des éditions précédentes - c'est ma troisième participation -, je pense que je ne serai pas déçu par le public. Les spectateurs viennent, regardent les films et passent parfois des heures à échanger avec les auteurs ou les réalisateurs. On sent qu'ils ont compris votre histoire ou, lorsqu'ils ne l'ont pas totalement comprise, qu'ils cherchent au moins à en saisir le sens. J'espère que nous vivrons la même expérience cette année.

 

Blaise Ahouansè

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