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FICAK 2026 : Le cinéma franchit les murs de la prison pour célébrer le vivre-ensemble

Dans la fraîcheur matinale de ce jeudi 4 juin 2026 au Maroc, les détenus de la prison locale de Khouribga ont, eux aussi, vécu au rythme du Festival international du cinéma africain de Khouribga (FICAK), couplé pour l'occasion au Festival culturel en faveur des détenus africains.


La programmation de la 26ᵉ édition du FICAK, ouverte le 30 mai dernier, s'est déployée au-delà de la salle de projection du centre culturel Mohamed V ce jeudi 4 juin 2026 pour rejoindre l'univers carcéral. Au programme figurait la projection de "Enterrement en sursis", le premier long métrage réalisé par Mohammed Marouazi. A travers une intrigue mêlant humour, émotion et réflexion, le film met en avant les valeurs du vivre-ensemble au-delà des appartenances religieuses, ethniques ou sociales. « Le vivre-ensemble est capital pour nous au Maroc », a souligné le réalisateur face aux détenus.

« L'histoire se déroule dans la ville de Larache, au nord du Maroc. A la mort de Shlomo, un Marocain de confession juive, plusieurs indices troublants viennent semer le doute sur son identité religieuse. Entre un Coran, un chapelet et d'autres éléments retrouvés à ses côtés, une question surgit : doit-il être enterré dans le cimetière juif ou dans le cimetière musulman ? Alors que son fils David revient du Canada pour lui offrir une sépulture digne, son ami d'enfance Imad, rongé par la culpabilité, tente de réparer ce qu'il considère comme une faute.» A travers ce récit, le film interroge les notions d'identité, de mémoire, de tolérance et de coexistence entre les communautés.

La matinée ne s'est pas limitée à une simple projection. Elle a surtout donné lieu à un moment privilégié d'échanges. A l'issue du film, un long débat s'est engagé entre les détenus, le réalisateur et plusieurs professionnels du cinéma venus de différents pays africains dans le cadre du FICAK. Les étudiants détenus inscrits à la Licence d'excellence en cinéma et humanités de la réinsertion ont notamment pu livrer leurs analyses et appréciations de l'œuvre. Leurs interventions ont enrichi les discussions auxquelles ont également pris part les autres détenus présents.

Mohammed Marouazi s'est dit particulièrement touché par la qualité des échanges. Le réalisateur a confié avoir été profondément marqué par les regards et les réactions des détenus, qui ont donné une résonance particulière aux thèmes abordés dans son film.

A travers cette initiative, le FICAK et le Festival culturel en faveur des détenus africains concrétisent l'accès à la culture pour les personnes privées de liberté, à en croire le directeur du FICAK, Iz-Eddine Gourirran. Elle constitue chaque année, l'un des temps forts de la programmation du FICAK.

Blaise Ahouansè

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